Exposition collective, installations
Transformer se veut un regard sur le principe de la transformation avec quatre artistes ou collectifs d’artistes internationaux qui ont en commun de créer des œuvres monumentales et transformables. L’exposition s’attache à présenter des pièces dont la transformation est active et contemporaine de la visite de leurs spectateurs. Art cinétique et illusions d’optiques avec Theo Jansen dont les immenses insectes parcourent les plages au gré du vent. Investi dans la relation technologique/culture/expérience humaine, le duo de [The User], Emmanuel Madan et Thomas McIntosh, transforme en « instruments » de musique douze imprimantes matricielles tandis que des micro-ordinateurs branchés en réseau servent d’orchestre. Spécialiste ès robotique, Chico MacMurtrie propose son Totemobile de DS « une approche créative où dialoguent ingénierie et style ». Univers jubilatoire et déjanté avec Maywa Denki et les frères Tosa qui présentent quelque prototype de leur machines « mécatroniques ». Un immense espoir pour la réconciliation de publics peu conciliables, les fondus de cultures électroniques et les amateurs de bidouilles !
Theo Jansen est un
artiste sculpteur néerlandais du courant de l’
art cinétique, qui se base sur l’art du mouvement que ce soit à travers des œuvres mobiles ou des illusions d’optiques. Ses œuvres sont notamment caractérisées par des sortes d’
insectes géants réalisés avec des tubes en plastique, se mouvant grâce à la force du vent. La particularité de son travail est de s’inspirer de la théorie de l’évolution génétique (sélection + reproduction (avec variantes aléatoires) du plus performant) pour guider l’
évolution du design de ses sculptures mobiles quasi-autonomes (qu’il nomme « créatures »). La finalité de son travail de recherche semble plus orienté vers des finalités pratiques qu’esthétiques, on peut donc aussi le classer dans la catégorie des
ingénieurs/inventeurs.
fr.wikipedia.org/wiki/Theo_Jansen
[The User] [The User] est un collectif d’artistes composé de l’architecte et artiste d’installations Thomas McIntosh et du compositeur et artiste du son Emmanuel Madan. Les projets du duo imaginent de nouvelles relations entre systèmes à forte composante technologique, culture et expérience humaine. Formé en 1997 à Montréal, [The User] jouit d’une reconnaissance internationale sur le circuit des arts médiatiques. [The User] emprunte son nom au terme fréquemment employé dans notre société technocratique, particulièrement dans des domaines relatifs au design (ingénierie, architecture, développement logiciel). Le terme « user » rend impersonnel et réduit l’individualité à un idéal abstrait et générique. Les préceptes de la production de masse et de l’économie d’échelle impliquent une diminution de l’individualité du sujet, une réduction jusqu’à l’anonymat qui interdit toute velléité créatrice à ce dernier.
http://www.undefine.ca/fr/artists/the-user/ Totemobile Cette œuvre fut réalisée à la demande de Citroën pour être exposée au Mondial de Paris 2006 puis pour prendre place au C42, la vitrine de Citroën sur les Champs-Elysées. Depuis, elle n’a jamais été présentée en France. Au départ, une DS gris métal taille réelle qui va se transformer en une vingtaine de minutes en totem de 18 mètres de haut grâce à un système hydraulique. Cette sculpture est, selon Chico MacMurtrie, « une approche créative où dialoguent ingénierie et style ». Et d’ajouter : « Mon rapport à l’automobile a toujours été utilitaire. Mais quand j’ai vu pour la première fois une Citroën DS, j’ai pensé que c’était une voiture en tout point inhabituelle, une sculpture, se transformant en roulant grâce à sa suspension hydraulique. La DS parle français : on y retrouve cette ouverture à tout ce qui est unique, une approche créative où dialoguent ingénierie et style. Ce modèle est devenu un emblème. Créer un récit métaphorique, une mythologie grâce à des machines, c’est le sens de mon travail actuel : aller et revenir de l’icône à l’organique, en dévoilant une force vitale. »
Chico MacMutrie
Chico MacMutrie est né au Nouveau-Mexique en 1961. En 1992, il crée à New York le collectif Amorphic Robot Works (ARW), dont il devient le directeur artistique. ARW est un groupe d’artistes et d’ingénieurs qui travaillent ensemble à la création de performances d’art robotique et d’installations. L’utilisation que fait MacMurtrie de robots télécommandés, esclaves des mouvements physiques des opérateurs humains, nous rappelle notre relation plus que jamais interdépendante avec l’univers des machines.
Maywa Denki c’est d’abord firme très connue au Japon. « Comme… Sony, Panasonic ou Microsoft. » Parole de Nobumichi Tosa « président » pince-sans-rire de cette entreprise désormais artistique, après avoir été l’un des fleurons de l’électronique nippone. En 1993, Nobumichi Tosa relançait avec son frère Masachimi la société de leur père mise en faillite à la suite du choc pétrolier de 1979. Dans la ferme intention d’en conserver les fondamentaux, à des fins essentiellement parodiques. « Président », « comptable » et « employés » de Maywa Denki usinent aujourd’hui à la main des objets, instruments de musique et gadgets bizarres. C’est aussi bien fait qu’un séchoir à cheveux ou qu’un grille-pain fabriqué en usine… mais ces objets poétiques ont souvent un usage inattendu : chaussures à claquettes automatiques contrôlées d’un claquement de doigts ; guitares bardées d’étranges prothèses métalliques qui grattent les cordes sans intervention humaine ; choristes artificiels dotés de cordes vocales en caoutchouc et soufflets de papier en guise de poumons… Autant de machines « mécatroniques » qu’ils mettent en scène lors de jubilatoires concerts-performances pop-kitsch aux accents électromécaniques. Aussi absurdes qu’ingénieux !